16 mars 2008

C16

Le petit frère musqué de L'Antimatière.

C pour carbone, 16 comme les 16 atomes de carbone qui composent l'Ambretone, la mystérieuse molécule au coeur de C16.

C16 n'a absolument rien à voir avec Tihota, Manakara et Isvaraya. D'aprés Indult, C16 n'est d'ailleurs pas construit comme un parfum conventionnel ["C16 n'est qu'un corps olfactif musqué dont tous les composants sont musqués"]. Pourtant sur ma peau, je note une évolution réelle et sensible.

Cette création de Francis Kurkdjian surprend d'abord par son animalité, une force à la fois brute et diffuse, un côté cuiré, l'évocation d'une fourrure douce et épaisse. Je perçois également une note fécale, aussi dérangeante que fascinante. Puis lentement, un musc blanc d'une pureté quasi-homérique se révèle. Remarquablement frais et cristallin.

Si la tenue est excellente, ce musc est cependant très fragile. L'utilisation conjointe d'un autre produit parfumé [gel douche, shampoing, laque ou déodorant] le fera immanquablement vaciller.

Un parfum d'esthète, connaisseur et patient.

★ ★ ★ ★

Eau de Parfum 50 ml [160 €] Uniquemement disponible chez Colette, 213 rue Saint-Honoré - 75001 Paris.
SILLAGE ET RÉMANENCE

Je vais sans horizon notoire,
Sans suite et sans idéal presque,
Au gré d’un songe aléatoire,
J’ai pour chemin des arabesques.

Le long de veilles illusoires,
J’ai senti des parfums légers.
La nuit blanche en aurore noire
Insensiblement s’est changée.

Que m’enveloppent ces arômes,
De la nuit, seule survivance,
Chypre, fleurs, bois, poudres et baumes,
Par vagues, légère présence.

Rémanence d’un temps subtil,
Livre ton bouquet et ta fresque,
Verse ta caresse intactile :
Jasmin, santal et arabesque.

David Herschel