01 janvier 2014

LA VIERGE DE FER


Un nom diabolique pour un bouquet inoffensif, voire inconsistant.

Après Un Lys épuré et maîtrisé de bout en bout, Serge Lutens revisite cette fleur sous un angle qui laisse perplexe. L'ambiance est verte et légère, le lys tire dangereusement sur le muguet, le jasmin est à peine éclos. Quelques aldéhydes métalliques accentuent l'aspect frais, propret.

Le point de non-retour est atteint quand le parfum se fruite. C'est le moment où l'on décide de quitter ce goûter champêtre [pour s'asperger de Serge Noire et oublier toute cette bonhomie].

Qui d'autre que Serge Lutens pour donner à un parfum le nom d'un instrument de torture? Dommage que le jus frôle la publicité mensongère.

☆ ☆ ☆ ☆

Eau de Parfum 75ML [140 €]. Édition numérotée de 1 à 30, datée et monogrammée [900 €].
SILLAGE ET RÉMANENCE

Je vais sans horizon notoire,
Sans suite et sans idéal presque,
Au gré d’un songe aléatoire,
J’ai pour chemin des arabesques.

Le long de veilles illusoires,
J’ai senti des parfums légers.
La nuit blanche en aurore noire
Insensiblement s’est changée.

Que m’enveloppent ces arômes,
De la nuit, seule survivance,
Chypre, fleurs, bois, poudres et baumes,
Par vagues, légère présence.

Rémanence d’un temps subtil,
Livre ton bouquet et ta fresque,
Verse ta caresse intactile :
Jasmin, santal et arabesque.

David Herschel