01 octobre 2014

VÉTIVER DE CARVEN


Troisième ou quatrième relancement du Vétiver de Carven. Arrêtons cet acharnement thérapeutique, et abrégeons ses souffrances.

Exit la mandarine, la menthe crépue, le patchouli, et l'ambre gris de la dernière fois [on nous promettait déjà la formule originale], bonjour le citron, le pamplemousse, la fleur d'oranger et le benjoin. Dès les premières secondes, une évidence s'impose, il s'agit d'un parfum commercial et d'aujourd'hui. Des citrus à l'efficacité redoutable, sur un accord boisé-lavandé, inutilement burné.

Soit Madame Carven a imaginé, il y a 57 ans, un produit mainstream de 2014. Soit on se moque gentiment de nous.

Mise à jour: Les Parfums Carven ont la gentillesse de m'envoyer quelques précisions. Le Vétiver de 2009 [Firmenich] est effectivement différent du Vétiver de 2014 [Givaudan] qui est calqué sur l'original [c'est promis cette fois]. La formule de 1957 étant disponible à l'Osmothèque de Versailles, j'invite les curieux à comparer les deux.

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Eau de Toilette 50 ml [62 €] et 100 ml [82 €].
SILLAGE ET RÉMANENCE

Je vais sans horizon notoire,
Sans suite et sans idéal presque,
Au gré d’un songe aléatoire,
J’ai pour chemin des arabesques.

Le long de veilles illusoires,
J’ai senti des parfums légers.
La nuit blanche en aurore noire
Insensiblement s’est changée.

Que m’enveloppent ces arômes,
De la nuit, seule survivance,
Chypre, fleurs, bois, poudres et baumes,
Par vagues, légère présence.

Rémanence d’un temps subtil,
Livre ton bouquet et ta fresque,
Verse ta caresse intactile :
Jasmin, santal et arabesque.

David Herschel