04 mai 2008

UN JARDIN APRES LA MOUSSON

Le troisième Jardin d'Hermès. Le plus folié.

Jean-Claude Ellena clôt sa trilogie avec une composition qui surprend par son exigence et sa radicalité.

Du vert, du vert, beaucoup de vert: des feuilles sur lesquelles ruissellent encore des gouttes d'eau, des tiges de bambou juteuses brisées par l'orage, de grandes herbes couchées par le vent... La cardamome et le poivre en tête, ou le vétiver en fond, sont comme rincées par une eau violente et abondante.

Cet accord végétal humide, fascinant mais qui peut paraître austère, est ponctué par un accord floral évanescent, et une note proche du melon [la plante, pas le fruit]. Au creux de mon bras Un Jardin après la Mousson laisse également une fraîcheur, très plaisante, comme le ferait un parfum mentholé.

Un Jardin après la Mousson n'a pas le charme évident et immédiat de ses prédécesseurs, mais sa thématique, sa structure, et son exécution en font le plus intéressant de la série.

★ ★ ★ ★

Eau de Toilette 50 ml [60 €] et 100 ml [82 €].
SILLAGE ET RÉMANENCE

Je vais sans horizon notoire,
Sans suite et sans idéal presque,
Au gré d’un songe aléatoire,
J’ai pour chemin des arabesques.

Le long de veilles illusoires,
J’ai senti des parfums légers.
La nuit blanche en aurore noire
Insensiblement s’est changée.

Que m’enveloppent ces arômes,
De la nuit, seule survivance,
Chypre, fleurs, bois, poudres et baumes,
Par vagues, légère présence.

Rémanence d’un temps subtil,
Livre ton bouquet et ta fresque,
Verse ta caresse intactile :
Jasmin, santal et arabesque.

David Herschel