21 juin 2008

EL ATTARINE

Un parfum somme.

Une composition magistrale autour d'une sublime immortelle. Un hymne à l'Orient et à son peuple. De tous les parfums Serge Lutens, El Attarine est celui qui tisse le plus de liens avec les attars [huiles de parfum orientales] et leur sensualité libérée.

Le départ est aérien et fruité, presque anodin, inoffensif en tout cas. C'est une diversion malicieuse. Le cumin et les épices ne tardent pas à enlacer l'immortelle, et dès cet instant, El Attarine va gagner en ampleur. Lentement, inexorablement, à la faveur de muscs divins, son sillage va s'intensifier.

Sa structure est opposée à celle de Serge Noire : si ce dernier donne beaucoup et rapidement, El Attarine prend son temps pour développer son magnétisme floral, épicé et cuiré. Plus de 6 heures après son application, de l'encens et une vanille princière interagissent encore sur ma peau.

El Attarine n'est pas un parfum, c'est une épopée.

★ ★ ★ ★ ★

Eau de Parfum 75 ml [120 €] Exclusivement aux Salons du Palais Royal Shiseido, Paris.
SILLAGE ET RÉMANENCE

Je vais sans horizon notoire,
Sans suite et sans idéal presque,
Au gré d’un songe aléatoire,
J’ai pour chemin des arabesques.

Le long de veilles illusoires,
J’ai senti des parfums légers.
La nuit blanche en aurore noire
Insensiblement s’est changée.

Que m’enveloppent ces arômes,
De la nuit, seule survivance,
Chypre, fleurs, bois, poudres et baumes,
Par vagues, légère présence.

Rémanence d’un temps subtil,
Livre ton bouquet et ta fresque,
Verse ta caresse intactile :
Jasmin, santal et arabesque.

David Herschel