25 juin 2008

SERGE NOIRE

"Du phénix - cet oiseau mythologique brûlant au zénith de sa splendeur dans un éclat final, renaissant de ses cendres - éclot une senteur, sans lieu, sans temps, ni d'ici ni d'ailleurs." Serge Lutens.

Renaître de ses cendres, voilà qui est fort à propos. Revoici le Serge qu'on aime : courageux et provocant.

Une envolée d'épices lutensiennes ouvre la voie à un encens compact, poudré et poudreux. Les parfums à l'encens s'inspirent souvent des vieilles églises froides, en voici un qui est chaud, incandescent.

Pyrotechnique même, sa beauté singulière évoque la poudre à canon et les feux d'artifice. Les yeux remplis d'étoiles, je sens mon coeur et mon ventre vibrer sous les déflagrations.

Puis il se pose, se japonise, devient presque méditatif. Le fond est boisé, fumé, et animalisé [ciste labdanum, castoréum]. Pendant toute son évolution, Serge Noire reste impeccablement sec.

Stupéfiant.

★ ★ ★ ★ ★
Eau de Parfum Haute Concentration 50 ml [99 €].
SILLAGE ET RÉMANENCE

Je vais sans horizon notoire,
Sans suite et sans idéal presque,
Au gré d’un songe aléatoire,
J’ai pour chemin des arabesques.

Le long de veilles illusoires,
J’ai senti des parfums légers.
La nuit blanche en aurore noire
Insensiblement s’est changée.

Que m’enveloppent ces arômes,
De la nuit, seule survivance,
Chypre, fleurs, bois, poudres et baumes,
Par vagues, légère présence.

Rémanence d’un temps subtil,
Livre ton bouquet et ta fresque,
Verse ta caresse intactile :
Jasmin, santal et arabesque.

David Herschel