01 décembre 2015

COLOGNE INDELEBILE


Attention, chef d'oeuvre!

Pourquoi sentir d'autres parfums? Pourquoi chercher davantage? Cologne Indélébile pourrait être ma dernière critique. Ou le dernier parfum au monde.

Vision moderne de l'éternelle Eau de Cologne, cette création de Dominique Ropion pour Frédéric Malle en respecte le canevas, pour mieux la sublimer. Le trio néroli / fleur d'oranger / bergamote, plein de tendresse, évoque immédiatement l'enfance et les bébés. On sourit, forcément. La note est verte, très naturelle, un peu amère, avec une vraie dimension florale [narcisse?]. Le musc fond sur la peau et intrigue... A la fois propre et obscène, doux et légèrement salé.

Bien sûr on pense à Cologne de Mugler et à Neroli Portofino, deux autres réussites sur un thème similaire. En tête, Cologne Indélébile est largement plus ample, et surtout plus réaliste que chez Thierry Mugler. L'évolution est quant à elle plus complexe et lascive que chez Tom Ford.

Indélébile pour sa tenue, le parfum remplit la pièce et vous accompagnera toute la journée, mais aussi pour le souvenir qu'il laisse après l'avoir porté [ne serait-ce qu'une seule fois].

★ ★ ★ ★ ★

10 ml [34 €] 30 ml [85 €] 50 ml [120 €] et 100 ml [175 €].
SILLAGE ET RÉMANENCE

Je vais sans horizon notoire,
Sans suite et sans idéal presque,
Au gré d’un songe aléatoire,
J’ai pour chemin des arabesques.

Le long de veilles illusoires,
J’ai senti des parfums légers.
La nuit blanche en aurore noire
Insensiblement s’est changée.

Que m’enveloppent ces arômes,
De la nuit, seule survivance,
Chypre, fleurs, bois, poudres et baumes,
Par vagues, légère présence.

Rémanence d’un temps subtil,
Livre ton bouquet et ta fresque,
Verse ta caresse intactile :
Jasmin, santal et arabesque.

David Herschel