06 septembre 2010

ALAHINE

En 10 ans, le paysage parfumé français a considérablement changé. La pauvreté de l'offre commerciale a favorisé l'émergence d'un marché de niche. Des nouvelles marques bien sûr, mais aussi la résurrection d'anciennes maisons: Robert Piguet, Jovoy, Lubin, et aujourd'hui Téo Cabanel. Pour un public à la recherche non pas de parfum, mais d'émotion.

Alahine illustre cette quête d'absolu, entre héritage et modernité. La première partie pourrait être un Guerlain de l'entre-deux-guerres. Un élégant bouquet de rose et de jasmin, ourlé d'ylang, soyeux et amoureusement patiné. Puis un patchouli contemporain, qui alterne un souffle sec et chypré, et une rondeur toute vanillée. L'ensemble se nimbe dans un ambre presque trop généreux, pour un luxe et une riche opulence.

★ ★ ★

Eau de Parfum 50 ml [78 €] et 100 ml [104 €].
SILLAGE ET RÉMANENCE

Je vais sans horizon notoire,
Sans suite et sans idéal presque,
Au gré d’un songe aléatoire,
J’ai pour chemin des arabesques.

Le long de veilles illusoires,
J’ai senti des parfums légers.
La nuit blanche en aurore noire
Insensiblement s’est changée.

Que m’enveloppent ces arômes,
De la nuit, seule survivance,
Chypre, fleurs, bois, poudres et baumes,
Par vagues, légère présence.

Rémanence d’un temps subtil,
Livre ton bouquet et ta fresque,
Verse ta caresse intactile :
Jasmin, santal et arabesque.

David Herschel